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Conception

Écosystème : « En écologie, un écosystème désigne l'ensemble formé par une association ou communauté d'êtres vivants (ou biocénose), et son environnement géologique, pédologique et atmosphérique (le biotope). Les éléments constituant un écosystème développent un réseau d'interdépendances permettant le maintien et le développement de la vie. » « L'écosystème constitue un système naturel et tend à évoluer vers son état le plus stable, dit climax. On parle de régression écologique lorsque le système évolue d'un état vers un état moins stable. » (source : WikiPedia) Climax en anglais signifie l'orgasme. 

En synergétique, la plus petite structure stable de l'univers est composée de 4 points (tétraèdre). Chaque lieu présente un événement distinct, autonome, dont le fonctionnement est altéré par l'intégration en chaque point d'éléments en provenance d'un autre lieu. L'ensemble forme un circuit fermé techniquement (la relation d'un lieu à un autre est applicative) et ouvert humainement (l'intervention du public influence l'évolution du système de manière sensible). La phase de fonctionnement complet du circuit en réseau ne dure que le temps du festival Ososphère, pendant lequel les trois festivals sont ouverts. La phase 2 du projet SelfWorld, intitulée « Apparent Sensory Perception » désigne le dispositif global durant cette fenêtre de temps commune (ASP, pour Aix, Strasbourg, Paris).

Intervenants

Une création composite humaine intégrée par : • Ivan Chabanaud (www.chabalab.net) • Thierry Coduys (www.la-kitchen.fr) • Hellekin (www.xlrmx.org) • Eléonore Hellio (www.eternalnetwork.org) • Philippe Langlois (www.xlrmx.org) • La Boîte Blanche (www.grandhoteldeparis.com) et le soutien technique de [ars]numerica pour la mise en réseau et l'hébergement du dispositif

Lieux et dates

Aix-en-Provence, dans le cadre du festival Arborescence (du 30-09-2005 au 09-10-2005) Strasbourg, dans le cadre du festival Ososphère (du 30-09-2005 au 01-10-2005) Paris, dans le cadre du festival Emergences #3 (du 24-09-2005 au 02-10-2005) Le Web, selfworld.ars-numerica.net (à partir du 24-09-2005)

Description

Le dispositif se déploie sur trois lieux de festival : Arborescence (Aix-en-Provence), Ososphère (Strasbourg), Emergences #3 (Paris) dans un écosystème émergeant intégrant l'humain (individu, groupe, foule) et son activité (architecture, réseau, physiologie, fantasme) en vue de la construction d'un portrait-composite-vidéo accessible par le Web. Chacun des trois lieux géographiques accueille un environnement polymedia mettant en jeu captation, affectivité et effectivité en temps réel. La structure du dispositif pose l'être humain au centre de sa réflexion. L'interaction avec le public influence l'évolution de l'écosystème et interroge le public sur la puissance, l'envie et son propre rôle. SelfWorld émerge et évolue au fil des expérimentations dans l'espace urbain. La Fondation Vasarely a accueilli une première version du dispositif en juin 2005. A partir de la capture d'activité humaine dans une salle de la Fondation, un réseau de neurones (La Sta'ssociation, collectif cognitif) formait une image en temps réel. Le prolongement de cette version intègre une analyse sensorielle des trois lieux de festivals. Par leurs interactions synergétiques, ils génèrent une nouvelle dynamique dans la création du portrait. Le dispositif intègre également le Web comme quatrième source d'influences.

Réflexions

Le public Dans un monde en représentation, le public incarne celui à qui l'on montre mais qui ne touche pas, celui qui reçoit sans pouvoir répondre, celui à qui on enseigne mais dont l'apprentissage se résume à l'acceptation ou au refus, à une réaction dont la superficialité ou la profondeur dépendent uniquement de la lecture qu'il fait -- qu'on attend qu'il fasse -- de l'oeuvre. Rarement le public spectateur devient spectateur et trop souvent il reste un élément extérieur à l'oeuvre, donc nécessairement dans un processus de distanciation dialectique, de séparation cartésienne, de mutilation sensible. SelfWorld pose la question de l'immanence, de l'absence d'ailleurs et de la responsabilité de l'être-au-présent, moteur de son futur par ses actions ou ses passions, par les coopérations qu'il met en oeuvre ou qu'il ignore. L'expression de la vie La tendance à la diversité caractérise la vie et différencie sa logique de celle de la matière inerte vouée à l'entropie, à une homogénéisation qui trouve son paroxysme dans l'uniformisation et que nous-autres humains nommons mort. La mort, en effet, signe la fin d'une expérience toujours unique et vient effrontément la ranger dans une réduction à quelques molécules carbonées qui favoriseront bientôt l'émergence d'une nouvelle vie grouillante. La vie humaine présente notamment la particularité d'altérer profondément son environnement. Cet aspect trouve son expression dans SelfWorld par l'influence directe de l'activité humaine dans les processus de création. A chaque étape l'absence d'humain rend le dispositif inopérant. Toutefois, l'activité humaine produit des artefacts dont la durée dépasse largement la vie d'une ou plusieurs générations et sur de telles échelles, rien ne peut ignorer le changement : ce qui nous paraissait inaltérable tombe en ruines ... A notre échelle, imperceptible. Des conséquences de ses actes Le dispositif parisien impose des retours amplifiés de gestes anodins, comme pour rappeler combien ils peuvent devenir mécaniques, banals, automatiques. Une porte fermée, une chasse tirée, un robinet ouvert deviennent des actes révélateurs. De la réalité et de l'idée qu'on s'en fait. Ce qui nous paraît stable n'est rien moins qu'un gruyère dont la proportion de vide augmente plus on y regarde de près ; entre les particules: rien. Ou plutôt quelque chose, quelque chose de sacré dont on ne peut rêver sans saisir l'univers, la poésie du monde, en un mot le mystère.

Date de publication : 01/04/2005
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